The Carretera Austral Publié le 17 avril 2018 par Alain et Stéphanie

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The Carretera Austral Publié le 17 avril 2018 par Alain et Stéphanie

Message par Admin le Mar 17 Avr - 9:39

The Carretera Austral

Publié le 17 avril 2018 par Alain et Stéphanie

Mais c’est quoi cette Carretera Austral dont tu nous parles tout le temps.. ?
Bin c’est un vieux délire qui s’est transformé en un méga trip …..
La Carretera Austral ou route australe est la route qui relie Villa O’ Higgins à Puerto Montt, soit plus de 1300 kms à travers la cordillère des Andes. Elle est constituée de pistes et parfois de secteurs goudronnés ou pavés (mais très peu..!).
Son tracé en pleine nature rend cette route intéressante. La topographie abrupte de la cordillère des Andes n’a pas facilitée sa création mais n’aide pas non plus à son entretien, de ce fait les travaux de maintenance sont nombreux et impressionnants, rendant parfois notre progression difficile.
Total respect pour tout ces hommes et ces femmes que nous avons rencontrés sur le bord de cette route et qui travaillent dans des conditions extrêmes, que ce soit par rapport à la météo, l’isolement ou la dangerosité du site sur lequel ils étaient.
Nous sommes passés par Chile Chico et la ruta 265 (article précédent) car aucune route n’arrive tout en bas de la Ruta 7 (Carretera Austral), et pour la parcourir dans son intégralité il aurait fallu descendre pendant 300 bornes et revenir sur nos pas, ou arriver à pied ou en bateau. Nous avons donc décidé de la remonter depuis l’intersection avec la ruta 265, juste avant « Puerto Rio Tranquilo ».
Nous redoutions une autoroute en pleine nature avec un flot de véhicules de toutes sortes accompagné de son lot de touristes (comme nous..!!), ce qui aurait pas mal impacté notre délire de road trip.

Et bien, nous n’avons pas été déçus…. , il n’y avait personne (dégun quoi…!)!!!!!
C’était même angoissant parfois d’être tout seuls sur cette route ou dans les endroits où nous avons fait des pauses.
Alors, quoi d’neuf docteur… ?
Ce fut :
– exaltant, lorsque tu découvres les lacs ou les nouvelles vallées,
– stressant, lorsque les pistes sont boueuses ou lorsque tu sens les roues qui commencent à patiner dans certaines côtes,
– oppressant, quand la végétation se fait de plus en plus dense et que la route se transforme en tunnel sous les arbres,
– fatiguant car tu dois surveiller l’état de la piste en permanence, adapter ton allure et éviter les nombreux pièges,
– inquiétant, car les coulées de boues ou éboulements sont fréquents,
– excitant, car chaque kilomètre parcouru était une aventure,
– flippant aussi car le moindre ennui mécanique peut se transformer en une galère incroyable,
Nous n’avions jamais ressenti cette sensation d’être si loin de tout et livrés à nous même, bref…. ce fut pour nous une grande aventure, nous avons adoré….
Parfois cette route est vraiment coupée par des montagnes impossibles à contourner (toujours monsieur topographie qui fout le b.…!!), nous avons prit plusieurs bacs afin d’arriver au bout de cette route.
Nous avons eu l’impression d’être dans une nature vivante, difficile à expliquer (non je n’écris pas sous l’emprise de la boisson, ou les effets d’une substance hallucinogène..!), mais les cris des animaux, associés au bruit de l’eau en permanence (pas uniquement la pluie!) avec toutes ces cascades ou torrents, mais également des petites rivières qui dégueulent sur la route depuis une forêt impénétrable, nous avons donc eu en permanence la sensation d’une nature qui tente de reprendre possession de son bien par tous les moyens possibles, coulées de boue, éboulements, végétation envahissante, une nature vivante……wow, mais wow quoi.. !
Et les ponts.. !!!!
Bon, le tonnage de certains ponts sont indiqués donc normalement ça passe, sauf qu’ils sont pour la plupart en bois, et je pense que le tonnage indiqué c’était avant le bois pourri !!!!
Certains n’avaient aucune indications…., alors tu descends du Faucon, tu inspectes dessous l’ouvrage, tu évalues si c’est possible et puis tu passes en mode « Que la force soit avec moi » !
Certains faisaient 3 mètres de large, donc si on retire les 2,50 mètres du Faucon, tu espères que tu n’auras pas à éviter une pointe qui dépasse des planches (si, si….c’est possible!)
Nous sommes passés à Villa Santa Lucia, ce village a été dévasté par une coulée de boue suite à de très fortes pluies et à la rupture d’un glacier en amont en décembre dernier. Lors de notre passage la catastrophe avait eu lieu environ 4 mois avant, les travaux était donc encore en cours et ce fut une vision apocalyptique, nous n’avions jamais vu quelque chose de pareil, nous avons circulé entre des murs de boues qui dépassaient la hauteur du camion, nous apercevions à peine les toits des maisons qui parfois dépassaient de la boue, et ensuite pendant environ 10 kms la route fut une spectacle lunaire, plus d’arbres ni autres végétations, de la boue et des torrents à perte de vue, nous étions sidérés et choqués devant ces paysages, et nous pensions à ces 22 vies envolées et à ceux qui ont tout perdu. Le chantier de reconstruction du village et des accès prendra certainement des années.





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Décidément, devant les forces de la nature nous ne sommes pas grand-chose.
Nous avons pu faire quelques ballades (humides ou ventées!), et découvrir « Las Capillas de Marmol »(article précédent), des forêts d’Alerces (c’est un des arbres le plus vieux du monde et il est malheureusement en voie d’extinction, certains ont plus de 3000 ans), ou de belles cascades ou lacs.
Il est difficile de trouver des spots cools pour se poser sur la carretera austral, ici, pas de jolis coins tout prêts et aménagés pour s’arrêter au bord des lacs, de la mer ou des endroits magiques, ce n’est pas du tourisme facile, entre la nature omniprésente (hostile la nature… hostile..!) et les propriétés privées il fallait chercher mais la plupart du temps nous avons toujours réussi à trouver des coins sympas.


Et il y a notre rencontre avec les « Tiliki », une famille française originaire du Doubs, 2 familles de 5 (avec des enfants pratiquement du même âge) en camping car qui se croisent à 12000km de la maison ça parle de quoi, bin de voyage…. !
Nous nous sommes retrouvés à plusieurs reprises sur notre ruta 7 sans le faire exprès (mais en l’espérant aussi…., cela donne une excuse pour ouvrir une bière!), bon OK il n’y avait qu’une route, mais nous nous sommes même retrouvés en pleine nuit alors que nous avions renouvelé la FBI (Fausse Bonne Idée) du gars qui « au cours d’une nuit passée sur une route perdue dans une lointaine campagne à la recherche d’un raccourci qu’il ne trouva jamais (culte…non ?) » !!!


Depuis nos routes se sont séparées mais en forçant un peu le destin nous essayerons de nous revoir au nord du Chili ou au Pérou, bonne route à vous….


Nous avons fait une petite entorse à la ruta 7 car nous avons pris la route V875 en bord de mer en arrivant vers Puerto Montt juste avant notre dernier ferry.
Cette piste est magnifique, étroite certes …..mais magnifique et en plus il faisait grand beau temps, nous avons longé l’océan pacifique en admirant les volcans enneigés.


Nous voulions avoir des échanges avec des classes d’écoles dans chaque pays, nous avons donc commencé à Chauchil, Jenny, Jesse et Julia sont donc allés en classe avec les 11 élèves du village. (4 ou 5 niveaux différents).
Ce fut une expérience très sympa. Nous nous sommes présentés, eux aussi et puis nous avons expliqué notre périple. Après une longue récréation où les enfants ont pu partagé les jeux des élèves nous avons bien sûr fait visiter le Faucon Millenium à tout ce petit monde. Adultes comme enfants étaient ravis de voir l’intérieur car il n’en avaient jamais vu auparavant. Nous avons tous apprécié ce moment d’échange, j’espère que nous pourrons renouveler l’expérience.


Niveau météo, wow, on a chargé grave … !
Ici il pleut plus de 320 jours par an dans certains endroits (il n’est pas précisé si les 45 jours qui restent il fait soleil..!!!), donc humidité omniprésente et « muy frio ».
Lors de notre passage en douane à Chile Chico, le douanier nous avait dit qu’il pleuvait 20mm/an de ce côté de la frontière, et 100 fois plus à quelques dizaines de kilomètres sur la carretera austral, soit 2000mm/an, et là je me suis dit « Té…encore un gars de la région PACA qui a émigré.. ! », et bin non, il avait raison, en fait je pense qu’on a pris les 2000 pendant notre passage !


Le vent s’est calmé au fur et à mesure que nous montions, mais c’était également compliqué car il faut surtout penser à se garer toujours face au vent, et ce pour plusieurs raisons, tout d’abord je redoutais que mes ouvrants de toit s’arrachent tellement parfois le vent était violent, et face au vent des déflecteurs protègent les ouvrants, ensuite le camion bouge moins, et surtout il ne risque pas de se renverser pendant ton sommeil car nous avons une prise au vent conséquente, et franch’ment certaines rafales étaient effrayantes)


Les pneus du Faucon Millenium n’ont pas aimé notre idée de passer par là, mais il nous reste encore de la gomme, on va encore rouler un peu…, mais avant je vais resserrer quelques vis et autres boulons afin de ne pas m’éparpiller sur la route !


Nous retiendrons :
La beauté des paysages, 

les couleurs, 
les odeurs.
L’impression de solitude, 

tu peux croiser une ou deux voitures dans la journée !
L’aventure sur une route pas facile.
La magie lorsque le soleil apparaît, alors les couleurs explosent littéralement .
Une nature à l’état sauvage.
Check…. c’est fait, nous aurons parcouru plus de 1000kms sur cette route légendaire, la Carretera Austral !








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